Nappé d’influences soul, afro beat,
chanson et hip hop, Hotel Impala, le
premier album solo de Baloji nous emmène depuis les récits de sa prime
enfance au Congo à ceux de son existence
en Belgique
La sortie de l’album du benjamin de Starflam est un événement en soi pour la liégeoise que je suis. Le titre, Hotel Impala, titille mon ventricule resté au congo. Alors c’est vous dire si l’entrée en matière me tente et je me jette avidement sur le site de Baloji pour écouter le morceau annoncé.
Faudra-t-il venir de Liège ou du Kasai pour apprécier l’album et plus particulièrement le morceau proposé en primeur sur le net « Tout ceci ne vous rendra pas le Congo » et présenté comme la pierre angulaire de l’album ?
A l’écoute, un morceau de 9 minutes et un véritable huit aérien...
Emotions, colères, espoirs et désespoirs s’entrechoquent : une claque.
En un morceau, une Histoire, un Appel.
Et une certitude : je veux écouter le reste de l’album !
Voici ce qu’en disent les initiés - ceux qui ont déjà pu l’écouter et nous le présenter :
Nappées d’influences soul, afro beat,
chanson et hip hop, Hotel Impala, le
premier album solo de Baloji témoigne
d’un ton inspiré et nouveau.
Véritable
bande originale d’une vie épique, Baloji
nous emmène depuis les récits de sa prime
enfance au Congo à ceux de son existence
en Belgique au sein d’une famille
d’adoption.
Balo’ pose un regard afropéen,
quelque chose comme un refus de juger
son pays et ses parents dès lors qu’il ignore
beaucoup d’eux.
Ces histoires poignantes
sur un flow tendu font de cet album une
perle rare dont on ne sort pas indemne.
Bienvenue à l’Hotel Impala.
Pour ses lyrics explicites, Balo’ utilise des mots affûtés, va chercher au tréfonds de sa
mémoire blessée les souvenirs, les odeurs, les images de son enfance. « Tout ceci ne vous
rendra pas le Congo » est à ce titre la pierre angulaire de l’album, avec son texte fleuve
d’une centaine de rimes et ses flashes surgis du passé (« J’ai beau fermer les yeux, j’ai encore ces
visions / De corps avachis sur le sol de la route de la perdition »).
Dans « Entre les lignes », Baloji
raconte son arrivée en Belgique et la rencontre avec sa belle-famille. « Ostende Transit »
exorcise les plaies de l’enfance (« Je suis né d’un accident et ça a une incidence / Sur le cours de ma
vie, sur mon existence »). Sur « Repris de justesse », Balo’ raconte ses 3 années de vie de sanspapiers,
avant qu’il n’obtienne le sésame ultime, sa carte d’identité belge.
L’album se
conclut judicieusement par la reprise d’un inédit de Marvin Gaye, rebaptisé Nakuenda («
rentrer » en swahili), un titre aux paroles prédestinées (« I’m going home to see my mother. I’m
going home to see my dear old dad »), le second monument de ce premier album.
La production de Baloji est racée, truffée de cuivres rutilants, de guitares funky et de
groove grave. Sur des beats organiques et des instrumentaux ambitieux, Hotel Impala fait
appel à près de 56 musiciens dont des chorales, des cordes, des beatmakers...
Quelques
invités de marque aussi, dont Amp Fiddler, le chanteur-claviériste américain qui tourne
avec Parliament/Funkadelic et Prince, Ella Woods, la chanteuse des Platters, Gabriel
Rios, Marc Moulin et les Glimmers Twins. Balo’ compose 6 des 17 titres de ce LP mixé
par Philippe Weiss (NTM, Diam’s, Aznavour).